mardi 23 décembre 2008

Marchal, nous voilà!

* Vous avez vu la presse dithyrambique pour le gros navet raciste, droitier, bête et répugnant de Philippe Haïm? Y'a presque personne qui dissone, en gros y'a Chronic'art qui reste malgré tout indulgent, et puis cet article de Fluctuat.

* Avec ce dernier globalement d'accord sur le fond, pas sur les références, ou en tout cas pas sur la manière dont il les sort, pour moi c'est évident qu'Haïm espère faire du Scott, p-ê du Bourne avec quelques plans à recadrage ripous, plus sûrement du 24... Mais ça n'a rien à voir, rien du tout, c'est un échec total, ça n'y ressemble absolument jamais, aucun plan, aucun photogramme...

* Mais enfin c'est important qu'au moins un article pointe la bêtise patriotique du machin, vous avez vu le travelling débile sur la plaque de la place du 18 juin 1940? Ces amalgames, cette médiocrité absolue, qui culmine au carton final, propagande, propagande, propagande... Ces plans finaux tournés à la BNF, devant la plaque des morts pour la France, ça réussit l'exploit d'être pire que du Marchal, ce gros dégueulasse.

* Si la vulgarité était denrée rare, il y aurait largement de quoi en alimenter l'ensemble de la planète rien que dans le montage et le mixage son, d'une laideur terrifiante, d'un ridicule achevé. Le bruit du globe couvrant les dialogues sur ce plan inénarrable, le petit "ting" d'une horloge à la fin d'un mouvement de tête, le mixage abject de l'exécution dans le désert...

* Et puis ces choix de focale, ces choix de cadre, ces choix de lumière, tout pour la télévision ; je veux bien sûr parler de la télévision française, cet objet laid et bouffi de nullité, où tout se mêle dans un magma informe et crétinisant, je manque de synonymes de vulgaire et de vulgarité, ce sont les meilleurs mots possibles, c'est épuisant.

* Tout, de bout en bout, est listable dans sa nullité et dans sa bêtise. S'il fallait montrer un film dans les écoles françaises de cinéma, à la veille de les fermer pour de bon, ce serait celui-ci. Tout y est.

* En parlant de Marchal, vous aviez déjà vu ça?


* Tant qu'on a les pieds dans la merde, bien évidemment le flop 2008 n'est pas exhaustif, on pourrait y ajouter Mirrors, The Mist, Black Sheep, Capitaine Achab, Frownland, Gomorra, Le Voyage du ballon rouge, Mesrine : L'Instinct de mort, Rome plutôt que vous, Vicky Cristina Barcelona, Vinyan, JCVD, Je veux voir, L'Oeil sauvage, Lady Jane, Le Bruit des gens autour, Le Premier venu, Le Tueur, Les Sept jours, Soyez sympas, rembobinez, Stella, etc., etc.

6 commentaires:

'33 a dit…

c'est autorisé à l'antenne ça ? "le monde est sourd comme beethoven", c'est magnifique.

Sur le flop, je pensais qu'on aurait plus de désaccords. En fait, juste The mist, le ballon rouge (pas fan, mais ne mérite pas ça), jcvd et stella (ça me surprend d'ailleurs, avec sbjr et dchou on a tous bcp aimé). Pas encore vu Je veux voir.
Pour le reste, on est d'accord (notamment Capitaine Achab, Vicky, et Rome plutot que vous, qui ont bonne presse)

GM a dit…

Oh Marchal est et sera toujours autorisé à l'antenne, au temps béni des conneries.

The Mist je me suis déjà expliqué ; le ballon rouge c'est pour marquer le coup ; jcvd et stella déjà expliqué aussi.

Je veux voir j'avais prévu de m'en expliquer mais en fait les bras m'en tombent.

On passera au top prochainement, pour Noël! :)

Joachim a dit…

Quelque part, cette flop list me laisse presque des regrets, tellement je me rends compte que j'en ai peu vu cette année.... Quant à ton top, je subodore le genou d'Artémide, Les hommes, Christophe Colomb l'énigme, Mad detective et Pineapple express... pas vus non plus... comme quoi les listes de films fantômes sont encore plus excitantes.

GM a dit…

L'Oliveira n'y sera pas mais le cœur y est ; c'est vite rempli un top 10...

en revanche les hommes évidemment, les hommes est un des films les plus importants pour moi depuis très longtemps ; pour moi en tant que metteur en scène aussi.

artémide c'est pour l'année prochaine, techniquement.

mad detective, p-ê pas dans le top 10 non plus, idem pour Pineapple : je te dis c'est vite plein.

assez curieux d'avoir ceux des différents blogueurs.

un lecteur qui passe par hasard a dit…

Tiens ? Qu'est-ce que vous avez contre Gomorra ?

GM a dit…

je m'auto-copier-colle du forum de fdc :

"eh bien j'ai trouvé ça très chiant.

la calvaire, c'est interminable, bordélique, monté au petit bonheur la chance...

bon, comment dire les choses autrement? disons qu'à mes yeux il y a un vrai problème de narration, qui n'est pas qu'un problème de scénario. Bon, il y a, à la base, me semble-t-il, si je m'en tiens à la manière dont le film est monté, un scénario complètement flottant, éclaté entre plusieurs personnages sans lien apparent, avec d'énormes creux entre chaque fragment d'histoire, sur une rythmique qui à mes yeux ne fait pas grand sens. Chaque histoire avance indépendamment, tu ne sais jamais pourquoi tu en sors ou pourquoi tu y retournes, tu as eu le temps d'oublier, mais tu n'as pas eu le temps de t'attacher réellement aux personnages entretemps. Il y aurait pourtant de quoi, plusieurs moments sont assez réussis, assez bien écrits en tant que scènes, mais ils forment un tout tellement éclaté, tellement fait de morceaux indépendants, qu'à mon sens ils ne tiennent pas du tout ensemble.

Et la mise en scène n'arrange rien. Pourtant, on peut en faire un commentaire positif, si l'on s'en tient au point de vue de technicien. La photo, notamment, est souvent très belle, et c'est p-ê par elle notamment que j'ai eu le courage de me taper le film dans son intégralité (et putain qu'il est long!). De même, le boulot de Leslie Schatz, au son, est techniquement irréprochable. Et alors? Alors rien : l'image est léchée, on a des tentatives, des plans-séquences élaborés, des cadres en légère plongée parfois étonnants, parfois composés dans leur arrière-plan, mais je ne les vois que trop rarement servir la moindre narration. Comme si chaque idée technique était indépendante de la dynamique interne au film, comme si aucun choix technique n'avait en somme de valeur narrative, donc de valeur de mise en scène.

Alors ça donne des fois des trucs "impressionnants", des suivis de mobylette dans des petites rues escarpées, en plongée prononcée où l'on peut se demander comment le plan a été fait ; ou bien des façons d'aller foutre le micro là où on s'y attend pas (dans le casque de la combinaison, exemplairement) ; mais c'est complètement gratuit, à chaque fois, ça ne dit rien, ne rime à rien, n'avance à rien. Il y a un effet - bien - mais à quel effet? Un effet de manche, au mieux.

D'où pour moi l'impression d'un fouillis de personnages aux enjeux complètement obscurs (c'est l'anti-The Dark Knight, à ce niveau-là), aux identités vagues, aux connexions illisibles
(il y a deux Maria, c'est ça? le gamin rebelle de l'une des Maria, c'est qui? j'ai pas l'impression de l'avoir vu avant qu'il se fasse flinguer... il a trahi qui précisément? et son père on le voit? qui est dans quel camp? j'ai rien pigé, moi, ou si je suis teubé?) toutes choses que la mise en scène n'aide jamais à préciser (cette tendance infernale à mal montrer les visages, de très près dans le noir, ou bien floutés par des choix de focale esthétisants mais vains)... Si bien que quand la fin arrive, elle aurait pu survenir n'importe quand, ça changeait pas grand chose, je ne ressens rien pour les mômes, et quant aux cartons, eh bien ils me semblent presque tombés du ciel...

Mais bravo à l'équipe technique."