samedi 8 novembre 2008

Splendeur dans ta face.

* Eh bien c'était une heureuse surprise, Je vous hais petites filles de Yann Gonzalez hier soir au Rex, alors que les deux films précédents de Yann m'avaient laissé à l'entrée, sur le paillasson, j'en étais encore à essuyer mes pieds et à me demander si je n'aurais pas eu mieux fait de rentrer chez moi parce que cette soirée-là je la sentais pas... Mais là j'ai été dedans tout de suite, sans même qu'on me pousse à l'intérieur, les premiers plans sont assez somptueux, on est à la fois dans la continuité d'Entracte et de By The Kiss (décors, couple s'emballant contre un mur, etc.), mais comme si c'était pour immédiatement rompre avec : Kate Moran (extraordinaire tout le long) est à cet instant spectatrice, à distance de cela, comme extraite des films d'avant, et la raideur habituelle est rompue par ces beaux mouvements de caméra circulaires ; l'ado ingrate au visage blanc est magnifiquement castée, tu t'aperçois soudain qu'il va y avoir un certain humour, et le générique qui débarque sans prévenir, la musique juste géniale, violente, affreusement belle, de M83... Il y a continuité et rupture, donc, et ça me permet de rentrer dedans, et la suite me plaît souvent beaucoup, c'est autrement moins bavard, moins "bressonien" que Entracte ; le film est référentiel certes, mais il joue dans son monde propre, je n'ai plus cette impression de "Bresson + Godard = copycat post-moderne" (j'exagère bien sûr mais c'est quand même un peu ce que je ressentais jusqu'à présent)...

* Voilà, après ça s'essouffle peut-être un peu sur la longueur, il y a un vrai problème de rythme, la virée en bagnole s'éternise par exemple, mais globalement pour moi ça "vit" mille fois plus que les deux précédents, oui c'est ça, ça vit enfin, les mêmes personnages, le même univers, autrefois figé, le temps de la mise en place, soudain s'anime.


* Ta face is back.

* Ah oui, ça aussi.

3 commentaires:

Kaherk a dit…

"oui c'est ça, ça vit enfin,"

Mais oui, ça n'est "que" ça. Cette impression, terrible, gigantesque, que tous les courts métrages que je vois, non, 99%, sont morts, des objets morts, d'une froideur gigantesque (Antonioni style ou Lynch Style, dans tous les cas, c'est du remâché).

Que jamais la vie n'y montre le bout de son museau, et c'est terrible, parce que parfois c'est maîtrisé, intéressant, toutes choses qui doivent être secondaires, qui font la qualité d'un film qui doit avant tout être vivant.

et la vie qui passe au second plan, c'est terrible.

Donc dès qu'un film montre un semblant de vitalité, comme ici, ça éclate au visage. C'est terrible.

C'est pour ça que j'aime bien PasseMerveille, en fait, l'impression qu'il y a de la vie. Mais bon on va dire c'est plus facile c'est un documentaire. Certes.

(pour ça aussi que j'avais tenté UNSE, de la non-maîtrise et laisser ouverte une porte sur du vivant, mais je suis vraiment pas sûr d'avoir réussi)

Pourquoi c'est si dur de faire vivre de la vidéo ? d'éviter l'effet de surface

(mes commentaires sont trop longs, hein)

GM a dit…

Non, non, ils sont biens tes commentaires, surtout quand ils sont juste comme ici.

kaherk a dit…

quoi tu y réponds maintenant ? t'es fou toi