mardi 6 janvier 2009

Mortel.

* J'ai reçu ce même jour les nouveaux Cahiers (encore oublié de me désabonner, je le fais exprès) et le nouveau Mad (en bundle pour ce dernier avec Impact, qui donc reprend). Plouf plouf, ouvert les Cahiers en premier, refermé en une minute. Voilà. Ça sent la grosse branlette sur le dernier Albert Serra. C'en est inquiétant. Zohiloff va adorer toutes les pages sur l'éducation et l'action culturelle.

* Le nouveau Mad a plus de pages, on y reste plus longtemps. J'aime bien que la plupart soient restés tolérants, dans le tableau de notes, malgré la nulle critique de l'époque, avec Le Jour où la terre s'arrêta, film sans doute pas terrible mais qui est bien la seule chose, à part Eagle Eye, qui m'ait plu au cinéma récemment. J'aime vraiment beaucoup Keanu Reeves, j'ignore pourquoi, ce côté Tom Cruise de fin de série, peut-être, je ne sais pas, le masque de son visage...

* C'est que je m'étais promis, le temps que je serais à Paris, de passage pour le nouvel an, d'aller au cinéma ; et c'est quand même la plaie de savoir quoi aller voir, il n'y a rien, comme on dit. J'ai même fini par aboutir dans la salle du dernier Varda, film abominable, film d'embaumeuse, en le voyant je me disais les "Spectres du cinéma", du nom de cette revue, ont gagné : tout le monde fête ce film qui fleurit la tombe d'un cinéma qu'il a lui-même creusé. Varda en taxidermiste du cinéma, je trouve que Chauvin dit ça assez bien dans la deuxième partie de sa critique, à laquelle je n'adhère pas totalement, mais j'aime bien ce passage quand il dit : "Il y a pourtant quelque chose d'un peu malaisant ici : l'absence complète du cinéma d'aujourd'hui dans l'œil curieux de Varda. La jeunesse s'y résume aux assistants et à la famille. Nul jeune cinéaste, nul jeune acteur (hormis son fils, Mathieu Demy) ne viendra faire un tour de piste et égayer un peu ce sombre paysage. Agnès Varda a beau dire, in fine, que plus que le monde, c'est le cinéma qu'elle habite, on ne peut s'empêcher de penser que pour elle, rien n'existe d'autre que le cinéma qu'elle et ses pairs des années soixante ont inventé. Terrible non-dit, terrible impensé que cette non-présence. Au sortir du film, le spectateur reste anéanti par tant d'abandons à la mort, par tant de vieillissement, la cinéaste refusant tout héritier, toute passation. A ce titre, la maison cinéma qui clôt le film (Varda trônant au milieu d'une pièce entièrement constituée de rubans de pellicule lors de son exposition à la Fondation Cartier), apparaît moins comme une maison généreuse et ouverte aux quatre vents, que comme une sorte de tombeau qui engloutira le cinéma lui-même quand l'inéluctable finira par se poser sur la cinéaste."

* Tout ça pour dire que je repars ce midi dans les Ardennes, pour trois semaines, en tournage.

* Je suis très heureux d'écrire ça, en tournage. Vers la vie, donc.

* Le nouvel album de Françoiz Breut est absolument sublime. Ça ne surprendra personne.

* A plus.

2 commentaires:

Liam a dit…

See ya.

'33 a dit…

bon tournage
et merci pour tes 3 lignes qui m'évitent de revenir sur l'affreux louise michel (j'ai les boules qu'on l'ait défendu, mais c'est la vie, et c'est pas très grave, j'imagine que celui qui l'a défendu a aussi les boules que je défende never back down)