lundi 31 mars 2008

Wakenwo.



* Pour les machins du Club des Treize, là, vous pensez qu'ils ont choisi ça en référence au Club 13, cette salle de projection de presse ultra-luxueuse, avenue Hoche dans le 8ème, aux fauteuils en cuir si foutrement confortables que je n'ai jamais pu y assister à une séance sans entendre des ronflements au fond de la salle? (ou bien c'est seulement par rapport au Club des Cinq, mwahaha)

dimanche 30 mars 2008

samedi 29 mars 2008

vendredi 28 mars 2008

XanaxXx.

* Quoi de plus déprimant que d'écouter longuement (et de comprendre les raisons!) d'un professeur des écoles parmi les plus motivés, qui n'arrive plus à y croire?

* Au fait, parlant de déprime, sur Naissance des pieuvres, hier, qu'on se comprenne bien : le mal-être adolescent (oui, dit comme ça ça fait M6) n'est pas un sujet plus idiot qu'un autre. Je constate juste que la teen-déprime par chez nous est strictement passive, objet de contemplation, on aime les moues boudeuses, comme je disais, la déprime est une pose d'adolescente qu'on nous vend sexy. (eh, venez pas me dire que Sloane Peterson/Mia Sara fait ce genre de moue en haut à droite, je vous arrête tout de suite!)

jeudi 27 mars 2008

Filles stoïques en chien de fusil.

* Naissance des pieuvres. Je n'avais pas voulu le voir à sa sortie, là j'ai eu l'occasion, dont acte. Film (comme prévu) sans grand intérêt, sinon celui d'aider à comprendre pourquoi les cinéastes français sont infoutus de faire des teen-movies, des vrais, pas des teen-movies pour critiques de cinéma. Le premier plan sur la tronche de l'héroïne, au bord de la piscine, dit tout. Moue Charlotte Gainsbourienne, forcément, boudeuse, évidemment. Le fantôme de La Petite Voleuse et de L'Effrontée. Elle est à mi-chemin de la puberté et elle fait la gueule, voilà, c'est le film, filles stoïques en chien de fusil ça pourrait s'appeler. Les adolescents français sont englués dans leur si photogénique mal-être, et s'y complaisent ; les adolescents américains profitent et combattent leur "mal-être". À cela s'ajoute évidemment les fameux premiers émois, forcément déchirants, graves et honteux en France ; on n'est jamais du côté du plaisir, toujours dans une dichotomie cruelle filles réglées et honteuses, versus garçons-bites, en somme (et le trouble homosexuel, aussi, toujours, marronnier). Rien à raconter, rien à montrer, rien à voir, que ce qui fut déjà raconté, montré, dit souvent bien mieux ailleurs. Situations creuses, métaphores lourdes (Douches froides, Naissance des pieuvres : l'adolescence est un sport de combat), film satisfait de son non-rythme, de son non-jeu, de ses non-plans.

* Vous avez vu ce plan dans la baignoire avec la tortue et les jambes comme il est dégoûtant? On voit Sciamma d'ici : la tortue ça fera étrange, un côté sexuel peut-être, c'est le sexe qu'on ne montre pas, une vague ombre lumineuse rouge on pensera au sang, et on va pièger les pervers qui s'attendent à la voir nue, mettre son corps hors-champ, juste ses jambes nues, mais quand elle se redresse, on verra qu'elle est en maillot, les hommes seront renvoyés à leur pédophilie reniée, etc, etc.

* Tout ce qu'elle réussit à faire, en vérité, c'est à rendre ses actrices ridicules, à les couvrir de ridicule, le rouge aux joues (pas celui du trouble, celui de la honte).

* Vous sauriez citer un bon teen-movie français? Un teen-movie fédérateur? Allez, même un mauvais fédérateur? Est-ce que Les Sous-Doués est une réponse recevable? Le Péril Jeune? Ah. (C. me souffle Quatre garçons plein d'avenir, je ne l'ai pas vu, je ne saurais dire)

* Je me disais plus tard que n'importe quel ralenti de l'épisode 10 de Freaks & Geeks rend Elephant minuscule.

* Pour reparler de Funny Games, rapidement, ce que Julien de La Quadrature écrivait ailleurs :

"Par exemple, je dirais qu'Haneke est un cinéaste moraliste dans ses sujets et son discours, mais immoral dans sa manière d'utiliser ses personnages comme des pions au service de ce discours, de les inféoder à la démonstration de son point de vue sur un sujet.

[...]

Bon, c'est quand même pas très compliqué ce que je viens de dire. Il n'est pas question d'avoir un discours ou d'exprimer une opinion (quoique c'est ce qui fait les mauvais films généralement), c'est une question de mise en scène (ou d'écriture en littérature).

Tu prends un couple qui réussit à s'échapper de ses bourreaux dans Funny Games, un des tueurs n'est pas d'accord et remonte le film dans le temps pour les récupérer et mieux les torturer. C'est une critique des rapports entre la violence et les images mais ça réduit le film à de la pellicule et les personnages à des pantins. Le discours passe, mais la scène est putassière, immorale dans le sens Rivette du mot."

* Sans compter que c'est aussi injurier les spectateurs.

mercredi 26 mars 2008

Des figuiers et des feuilles.

* Je sais que son trait ne plaît pas à tout le monde, mais c'est le deuxième Goerges Bess que je lis et si, comme la fois précédente, je n'adhère pas à tout (l'histoire avec les chèvres qui sortent des trous du cul, heu...), je trouve que ne serait-ce que pour la lettre à Guinée, cette magnifique leçon de dessin et d'autodérision, Escondida est un très beau livre. À l'occasion je la scannerai peut-être.

mardi 25 mars 2008

Rushes à plumes poilus.

* Mon premier teen movie?

* Bonne nouvelle : Passemerveille, le film pas le blog, va donc bel et bien entrer en production. (Ce qui va sans doute m'éloigner un temps du blog.)

lundi 24 mars 2008

Quelques notes de direction d'acteurs sur l'épisode 10.

* L'épisode 10 est une merveille, et en grande partie par sa direction d'acteurs. La séquence centrale le dit bien, ces jump-cuts à hurler de rire où l'un après l'autre les ados rejouent le canular téléphonique, séquence géniale, montée parfaitement, qui encore une fois est d'un humour jamais ironique, d'un humour franc et sincère ; c'est cette sincérité, cette justesse des personnages qui les rend naturellement drôles, on ne rit jamais d'eux -- séquence en gros impossible en France, à de rares exceptions près.

* Idem, encore une fois, l'usage exemplaire du ralenti, lors des deux séquences du baseball, qui se répondent. La première, essentiellement parodique, n'aurait pas la même force sans la seconde, qui est superbe, où une fois encore l'on rit avec eux, qui ne sont pas dupes de ce que l'exploit est maigrichon... (vous avez vu la grimace de Sam en réponse au geste technique incompréhensible de Neal, qui comme toujours en fait des caisses?)

* Mais deux postures me marquent particulièrement, qui relèvent à première vue plus du détail, mais qui sont magnifiques. Il y a d'abord ce champ/contrechamp qui oppose Lindsay et Kim, "What about your parents?" // "Yeah, what about them?", vous avez vu les épaules rentrées de Kim, tout ce que cette simple posture apporte au plan, cette tension supplémentaire, ce que ça dit de son personnage? Vous croyez que Ken Olin (qui n'a réalisé que cet épisode) l'a demandé à Busy Philipps ou que ça allait de soi? Vous croyez que le blouson bleu un peu trop juste qu'elle porte tout le temps a aussi été choisi pour ça, pour ses épaules? (et évidemment, en face, la veste informe et trop grande de Lindsay)

* Et la posture de Bill, quand Kim et Lindsay rentrent à la maison à la fin, sa façon presque lascive d'être allongé devant la télévision, et la manière dont les autres s'en contrefichent, ne se moquent pas de lui pour ça, ont l'habitude de cette posture, vous pensez que ça allait de soi?

* Vous pensez qu'en grandissant, Sam balancera Neal et Bill, comme Lindsay l'a fait avec Millie? C'est probable, hein?

* Au fait, où est passé Ken Miller? N'est-il pas le personnage le plus dramatique, rien que par son absence? Lui qui, même présent, est déjà comme absent? N'est-ce pas le plus beau rôle de Seth Rogen?

* Dans le même genre, je pense que c'est par pure cohérence que Kim Kelly n'est pas dans le générique, parce qu'elle ne se serait jamais prêtée à ce petit jeu de la photo de classe.

* Oui, seulement l'épisode 10, j'y vais à petits pas, je ne veux pas gâcher mon plaisir.

dimanche 23 mars 2008

vendredi 21 mars 2008

Espèce de gros connard (?)

* C.Z m'envoie ça :

Bonjour à tous,

En 2007, Guillermo Vargas Habacuc, un soi-disant "artiste", a ramassé un chien abandonné dans la rue, l'a attaché à une corde très courte au mur d'une galerie d'art et l'a laissé mourir là de faim et de soif. Pendant des jours, l'auteur de cet acte cruel, mais aussi les visiteurs de la galerie ont assisté, impassibles, à l'agonie du pauvre animal. Il a fini par mourir d'inanition, après un douloureux, absurde et incompréhensible calvaire.

Mais ce n'est pas tout: la prestigieuse "Bienale Centroamericana de Arte" a décidé, pour des raisons obscures, que cette sauvagerie serait... une oeuvre d'art ! Et pour cela, Guillermo Vargas Habacuc a été invité à répéter son acte innommable pendant l'édition 2008 de la Biennale !!!

Empêchons cela !!
Signer ici :

C'est très facile, cela prend 10 secondes et cela permettra d'éviter à un pauvre animal une mort cruelle.

http://www.petitiononline.com/13031953/

MERCI DE FAIRE SUIVRE CE MESSAGE

Galerie Helenbeck

* Ce pourrait être un hoax (très élaboré, vous avez vu les photos?).

The night owns us.

* Mon premier Greenaway (on a les lacunes qu'on a), excellente surprise. J'ai pourtant eu des craintes, pendant les 10-20 premières minutes, craintes qui ont certes continué de sourdre un temps, mais qui se sont progressivement éteintes toutes seules. J'avais peur d'un film de seul technicien, et il y a certes un peu de ça, surtout dans le premier temps de Nightwatching, un temps où le film se regarde un peu trop, et c'est assez manifeste dans le découpage, qui est fait comme pour ne pas y toucher (on pense alors --un peu-- aux travers d'En avant, jeunesse), qui n'ose pas interrompre ses plans d'ensemble, fixes et tirés au cordeau, qui expose un peu trop ses beaux costumes, son espace théâtral (la chambre comme scène de théâtre, l'idée est bien surlignée vingt fois)... Et puis, sans prévenir, ça s'évapore. Je ne saurais dire quand précisément, mais le film, après cette amorce rigide, muséale, ne touchez à rien tout est authentique, se met à exister. Bizarrement, je crois que c'est avant tout un problème de montage, j'ai l'impression que Karen Porter ne fait pas le même travail tout le long du film. J'ai à ce propos lu sur IMDB que le film existe en deux montages, avec vingt minutes de différence. C'est la version longue, il me semble, celle de 2h21, qui est montrée au Lincoln. Ceci explique peut-être cela, peut-être que ce sont là ces vingt minutes qui pèsent, je n'en sais rien, je constate juste cette coïncidence.

* Pour le reste, on pense beaucoup au Ruiz des années 80, sa meilleure période selon moi, et cette nécessité que chaque plan soit un "exploit" (c'est le mot qu'emploie Ruiz dans le n° spécial des Cahiers de 1983), qui est aussi une politique de plateau. Chacun impliqué sur le plateau, personne n'est en reste, tout le monde derrière le film. Ca peut fonctionner, chez Ruiz ça fonctionnait, en tout cas, ici ça fonctionne parfaitement (en cela on pourrait être tenté, peut-être trop facilement, de rapprocher le film, thématiquement, de Klimt... c'est tentant thématiquement, donc, mais aussi parce qu'ici comme chez Ruiz, l'"exploit" esthétique se définit en rapport à la peinture, en ce que les choix de lumière, de cadre, de motif imitent et généralisent à chaque plan ceux de Klimt et de Rembrandt... même si, je me répète, je pense que Greenaway est ici plus proche du Ruiz des années 80 que du Ruiz actuel). Les machinistes, les acteurs, le chef-opérateur… tous réalisent des exploits de cinéma en direct, la lumière change pendant la prise, les positions d'appareil aussi, les acteurs se plient à des plans-séquences complexes, etc, etc. Ca pourrait être complètement gadget, ça l'est d'ailleurs parfois, dans les Ruiz ratés, ça pourrait passer pour de la seule performance sportive, mais ici c'est autre chose, c'est bien davantage, car Greenaway vise à l'épuisement, plus encore qu'à l'exploit, il veut qu'on oublie l'exploit, qu'on soit dans les conséquences physiques de l'exploit, corporelles. De fait c'est bien davantage que ludique, c'est là d'ailleurs que je trouve que la critique de Chonic'Art est d'une immense mauvaise foi, car le film n'est pas du tout sur le registre du Cluedo et encore moins du reportage éducatif, comme l'article voudrait le faire croire. Bien au contraire, aucun code de genre, et la reconstitution du puzzle n'intéresse pas en premier lieu Greenaway (bien qu'il s'y plie malgré tout avec jubilation), ce qui intéresse Greenaway, c'est disons la distension dans l'exploit, le plus loin que prévu. Et évidemment, ce qu'on pourrait appeler le quatrième acte (celui qui est d'habitude tu) est dans ces conditions le plus beau, le plus foudroyant, le plus triste, le plus morbide, le plus érotique, le plus drôle, le plus troublant, le plus bouleversant.

* J'ai donc pleuré, deux fois. Merci T. d'avoir insisté (et bon anniversaire).

* Un nommé David (merci) me signale que la première du Genou d'Artémide a été filmée. C'est une sélection, il en manque, mais ça donne une idée.

* Il y en a qui n'ont vraiment honte de rien.

jeudi 20 mars 2008

Du bruit dans la vallée.


* D'ailleurs le film de Trillat n'est pas mal.

mercredi 19 mars 2008

Bon.

* Ah finalement les quatre projets vont peut-être être tous retenus. Tant mieux. La seule chose, ce serait que l'un des trois ne serait plus tourné en mai, mais en septembre. Moindre mal. Le tout serait de finir par savoir définitivement, le suspense devient longuet.

mardi 18 mars 2008

La vie du rail.

* Abdel Krim Belaouach entame son cinquième jour de grève de la faim au centre de rétention de Vincennes. Un autre prisonnier, au même endroit, entame son onzième jour de grève de la faim. RER A Joinville-le-Pont.

* Farid Rekab entame son septième jour de grève de la faim au centre de rétention d’Oissel, en Seine-Maritime. Ecole nationale de police, route des Essarts, gare de Oissel.

* etc.

* Les adresses (non-remises à jour) des CRA français.

* Plusieurs détenus entament leur dixième jour de grève de la faim aux centres de rétention 127 Bis et Vottem, en Belgique. 127bis de Steenokkerzeel/Zaventem, gare de Nossegem, et gare de Liège.

* La carte des camps d'étrangers en Europe et dans les pays méditerranéens.

lundi 17 mars 2008

Bêtes et fleurs.

* C'était assez déplaisant, assez sinistre, samedi après-midi, la première du Genou d'Artémide - je parle ici "logistique", je précise. Straub en clown malgré lui face au raout incestueux, tout le monde connaît tout le monde, s'interpelle par son prénom, tant pis si tu ne connais pas untel ou untel, eux se connaissent c'est l'essentiel. Toubiana se fout ouvertement de la gueule de Straub, essaie de faire croire que la "tradition" est respectée, prend à la farce la remarque de Straub rappelant qu'autrefois, c'était le soir qu'on montrait son nouveau film, pas en milieu d'après-midi comme pour s'en débarrasser... Et c'était vraiment l'impression que ça donnait : il fallait bien le faire pour la forme, pour croire encore un peu en l'institution Cinémathèque ; mais on le faisait aussi par obligation, voilà, ça c'était fait, bon débarras. J'écris d'ailleurs "première" et pas "avant-première", parce que j'ai l'impression que ça a de grandes chances d'être une "unique", surtout en salles (on peut facilement envisager qu'il sera ajouté au dernier volume de l'intégrale DVD). (Et je n'évoque même pas le triste foutoir d'après-séance, la bizarre confrontation Straub/Moullet, etc.)

* Parlons plutôt du film, qui est très beau, qui en tout cas m'a personnellement plus "pris" que Ces rencontres avec eux, à qui il fait écho (sans doute parce que la démarche de le passer deux fois, une en VO, l'autre en VOST, était la bonne pour s'y plonger vraiment, les sous-titres m'ayant en effet parfois un peu "pollué" Quei loro incontri). Difficile, malgré ce qui se dit sur Kuhe, de ne pas le voir, au moins un temps, au moins contextuellement (ce qui est à la fois extérieur et intérieur au film) (ce que je veux dire par là, c'est que JMS sait qu'on y pensera, bien obligé, et plus encore dans ce cadre disons ritualisé de l'avant-première institutionnelle, où il est bon d'être vu aux côtés du défilé de Bergala, Frodon, etc.), comme un film en deuil : le générique nécessairement "amputé", le très long noir du début, la nature en pano hésitant menacée jusque dans sa bande-son (les moteurs dans le lointain), le fondu au noir naturel et inachevé du soleil caché par les nuages, la stèle finale (où est-ce, d'ailleurs? qu'est-ce que cette stèle? une tombe?), cette Artémide intouchable, évoquée sans jamais paraître... C'est "la femme" (dixit JMS) manquante, la concrète absente, qui en quelque sorte ne relève qu'en dernier lieu de la mythologie (JMS prétend n'y rien entendre en la matière, plus précisément n'en avoir simplement rien à faire, que c'est justement DH qui y entendait quelque chose) (d'ailleurs vous avez remarqué?, ce n'est plus une conversation hommes-Dieux, mais homme-homme parlant comme un Dieu... deux hommes parlant des femmes, le plus commun des échanges, en somme, sublimé le temps d'une "promenade", comme y invitait JMS à la fin du film). Bon, évidemment, me faites pas dire n'importe quoi : ne pas psychologiser plus que de raison un film (enfin, deux films, un bleu et un rouge, un de 26 et un de 27 minutes) qui existe(nt) bien entendu indépendamment du deuil, ne pas faire le Séguret, ne surtout pas écrire une connerie du genre "film-testament" (ce qui serait injurieux d'abord et ensuite, je crois, complètement faux - à ma connaissance un autre film est déjà avancé, non?).

* Comme je ne l'avais jamais vu et que je m'interrogeais (oh, rapidement) sur la question étrange de son remake américain plan par plan, j'ai vu Funny Games, l'original. Erreur fatale, soirée gâchée : Haneke, c'est James Wan qui aurait eu son bac philo.

* À l'heure où j'antidate le post du jour (en vérité, on n'est pas encore lundi, mais dimanche 22h55), Rue89 laisse comprendre que Dassault a réussi malgré tout à se maintenir. J'espère sincèrement qu'ils parlent trop vite. [edit : ils parlaient à la bonne vitesse, hélas]

dimanche 16 mars 2008

samedi 15 mars 2008

Days off #3


* Je rappelle à toutes fins utiles que la première du Genou d'Artémide de Jean-Marie Straub, c'est cet après-midi, 14h30, à la Cinémathèque.

vendredi 14 mars 2008

Lavomatic.

* Alors comme ça, je m'absente quelques heures et c'est le bordel? ( et évidemment )
Ce que je n'arrive pas bien à saisir, c'est pourquoi vous lavez votre linge sale ici, Hyppogriffe, vous vous êtes cru à la blanchisserie? Je ne sais pas, comme tout le monde vous avez le mail de C.Z., vous avez vous-même un blog, si vous teniez vraiment à rendre la chose publique, vous pouviez le faire là-bas, je ne comprends pas bien votre "invasion", comme vous dites. Ce n'est pas une question d'espace ou d'excuse, ce n'est pas en soi un problème, je suis même ravi que ce blog ne résonne pas à l'infini que de mon seul écho, mais c'est simplement que je ne comprends pas le principe, je ne vois pas bien ce que ça fait là... C'est quoi, la démarche?
Je me suis demandé un instant si vous ne vous preniez pas pour un exorciste des blogs, en quelque sorte, considérant que j'avais cité C.Z. trop de fois depuis l'ouverture du Passemerveille pour être honnête. Pour vous dire la vérité, j'ai aussi été abonné au bureau des pleurs, j'ai aussi été étiqueté "neuneu", à tort ou à raison ; et puis j'assiste régulièrement sur Kuhe à des séances d'injures publiques envers une très bonne amie à moi (un scoop pour vous, Charles)...
Je ne suis donc pas un oisillon gueule ouverte bouffant du Kuhe régurgité ; mais j'y lis régulièrement ce que je ne lis nulle part ailleurs, j'y trouve souvent des liens indispensables, des références rarissimes, des défenses ferventes bien qu'isolées pour des films gratuitement méprisés (cf. Material Girls, qui est sans doute le plus bel exemple en la matière)... Ca ne veut pas dire pour autant qu'on n'a pas le droit de ne pas être d'accord avec lui, et je l'ai été plusieurs fois (concernant Costa, par exemple) et je le serai forcément à l'avenir, ça arrivera encore bien sûr ; mais il est certain que je n'irai pas utiliser votre machine à laver pour faire partir la tache.


* Pour Passemerveille, le film pas le blog, coup de théâtre et en même temps pas vraiment (on a pris l'habitude de s'attendre à tout), la sélection n'est toujours pas faite, on était six en lice, il en reste désormais quatre. Il faut donc encore en éliminer un. C'est reparti pour dix jours d'affinage du dossier, faut être convaincant, faut qu'on repasse soigneusement nos chemises.

* Tombé sur Brazil. J'avais pas ouvert ce torchon depuis des mois. Trouvé dans les chiottes chez T., c'était effectivement la bonne place. Torche-cul idéal du numéro feuilleté : l'interview-fleuve de Zoé Félix qui joue un bout de bois mort dans Bienvenue chez les ch'tis.

jeudi 13 mars 2008

Peu.

* Comme je ne me sens pas de faire du blog un espace uniquement de dézingage (et aussi, et surtout, parce que le film est vraiment sans intérêt aucun), je ne m'étendrai pas sur l'académisme replet de L'Orphelinat.

* "Le plus artiste ne sera pas de s'atteler à quelque gros oeuvre, comme la fabrication d'un roman, par exemple, où l'esprit tout entier devra se plier aux exigences d'un sujet absorbant qu'il s'est imposé ; mais le plus artiste sera d'écrire, par petits bonds, sur cent sujets qui surgiront à l'improviste, d'émietter pour ainsi dire sa pensée. De la sorte, rien n'est forcé. Tout a le charme du non voulu, du naturel. On ne provoque pas : on attend."

Jules Renard, Journal du 13 septembre 1887
(l'intégrale du Journal est , , et ).

* Pour Passemerveille, le film pas le blog, je saurai tout cet après-midi.

mercredi 12 mars 2008

Y'a de la buse.

* Moins d'oiseaux cette fois, l'effarouchement de la veille a porté ses fruits. Précision pour ceux qui grimacent quand j'écris "faucon" alors qu'il s'agit de buses de Harris : évidemment vous avez raison, je ne vois pas pourquoi je vulgarise bêtement. Bref, pas de pyrotechnie aujourd'hui, mais deux buses (Bonnie & Clyde, sic) au lieu d'une hier. Du coup, ballet moins impressionnant dans le ciel, mais en contrepartie la possibilité d'observer plus "techniquement" l'intervention. Regret immédiat de n'avoir pas eu de repérages possibles. On a vraiment filmé au pifomètre hier, sans trop savoir ce qu'il allait en être. Peut-être qu'il faut considérer tout ce qu'on a filmé cette année comme une maquette, un repérage préalable à un vrai film l'an prochain? Encore faut-il que les étourneaux reviennent : l'effarouchement a un véritable impact d'année en année. Cette fois-ci, ce n'est pas pour le trop grand nombre mais pour éviter la sédentarisation que les fauconniers ont été appelés à la rescousse, bien plus tardivement que les années précédentes... C'était peut-être la dernière chance d'assister à ce phénomène dans de bonnes conditions et on l'a peut-être gâchée en filmant sans trop savoir et avec le mauvais matériel. Une chose est sûre : le dérushage va être long et douloureux et le montage compliqué...

* Pour mieux comprendre de quoi je parle, c'est par ici.

* There Will Be Blood... mouais, vite fait comme dirait l'autre, ennui poli. J'en reparlerai peut-être et si je le fais, ce sera sûrement pour chanter les louanges comparatives du trop souvent malmené Atonement.

[edit] Je lis ce matin ce qu'en écrit C.Z., je vous invite à lire, il a beaucoup plus aimé que moi, et les prélèvements de séquences qu'il fait sont effectivement bienvenus (le plan des choux m'avait marqué aussi). J'ajouterai la séquence de la baignade, dont j'aime beaucoup la frontalité. Je crois qu'en effet, le film est comme d'une part un peu trop fier de son sampling, mais surtout que sa mise en scène est régulièrement étouffée par sa technique de scénario, que régulièrement elle s'oublie à cause d'elle, de sa nécessité de faire arriver des choses toutes les dix minutes, comme il l'écrit ; même dans ses premières séquences muettes, qui sont assez impressionnantes, rugueuses, on a déjà ce doublé de la chute, cette nécessité scénaristique de l'accident, que l'action soit toujours accidentelle, et que chaque accident soit aussi sémantique, que chaque accident soit une conséquence et ait un corollaire. Ce qui témoigne certes d'un soin appliqué d'écriture, mais aussi à la longue d'un systématisme, qui fait que n'importe plus à force que l'accident d'avant et celui d'après, si bien qu'on en oublierait presque celui qui survenait précédemment, puisqu'il n'est plus utile dans l'immédiat. Il n'y a que la surdité qui persiste, parce qu'elle a valeur de symbole général de l'incommunicabilité père-fils, mais pour autant je la trouve un peu gadget, un peu trop "rouage" de la mécanique narrative - je ne sais pas si je me fais bien comprendre. Disons que c'est un peu comme la piste de bowling, elle est là il faudra s'en servir, se servir de la rigole, des boules, des quilles...

* Bon, au final, pas un mot sur Atonement. Tant mieux?

* Un fan de Freaks & Geeks a ouvert ceci.

* Je revoyais Les Fils de l'homme récemment, eh bien on y vient (Zizek, dans les bonus du DVD, identifie clairement les migrants du film aux réfugiés climatiques présents et à venir).

mardi 11 mars 2008

La fin absolue du monde.

* Expérience médicale devant The Mist : un mal de crâne naissant avant séance et la nausée qui monte à mesure que le film avance (pas directement à cause du film, je précise bien). Aussi, impossible de dire si je n'ai pas aimé le film pour cause de gerbe à venir, ou pour lui-même... Donc, sous réserves : j'ai surtout eu l'impression d'un effort de série B à l'ancienne, ce qui est en soi positif. Mais pour l'écriture, je repensais à ce qu'écrivait CZ récemment sur le "langisme" du cinéma US et j'ai eu l'impression ici d'un langisme mal assimilé, au moins maladroit, pour ne pas dire pire ; Lang n'amènerait pas une salle à applaudir lors d'une exécution (scène détestable et gratuite... se rappeler qu'il tire deux balles, ventre et tête, sans aucune sommation, il n'essaie pas de dissuader et les autres ensuite le remercient, disent qu'il n'y avait pas d'autre solution, que c'était la meilleure solution)... Il y a un rire assez malsain dans The Mist, il me semble, et une espèce de nihilisme forcé et gratuit, voir cette fin en forme de mauvaise blague (les dernières séquences, assez complaisantes, m'ont été insupportables... mais c'est peut-être aussi parce que l'envie de vomir était à son comble). Il y a la question de l'Enfer à poser également, le scénario semble affirmer que la folle de Dieu avait raison, elle ira au paradis quand le héros brûlera en enfer pour l'éternité... Disons enfin que la grande mollesse de la mise en scène m'a surtout donné envie de revoir le magnifique 30 jours de nuit, avec lequel le film de Darabont entretient quelques correspondances de situation.

* Ambiance de fin du monde également à l'effarouchement... La tempête n'y était pas pour rien, mais le spectacle est en-lui même ahurissant : ces nuées d'oiseaux incertaines, venant, partant, tournant, rebroussant chemin pour revenir plus forts, plus nombreux à la charge. Et cette petite silhouette en rouge, courant sur le parvis, appelant et relançant son rapace à l'attaque, puis farfouillant dans sa camionnette pour en tirer des fusées éclairantes... Pour qui ça intéresse, il remet ça à la BNF, ce soir, à l'heure du coucher du soleil (vers 18h30-19h).

lundi 10 mars 2008

Les faucons attaquent.

* La bonne nouvelle c'est que Dassault devrait sauter.

* Les douze pages de Passemerveille (le film, pas le blog) sont en orbite. Réponse le 13.

* Et ce soir les faucons effaroucheurs et les étourneaux effarouchés.

* Que penser de Southland Tales? Au-delà du buzz, au-delà du film maudit et de l'estampillage "film cinglé"? Pas grand chose? The Rock surtout, essentiellement c'est ce que je retiens du film, la performance de The Rock, qui m'a donné envie de voir Bienvenue dans la jungle. Sinon, ça reste un peu sur l'estomac... (à suivre?)

dimanche 9 mars 2008

Days off #2


* Ouverture exceptionnelle le dimanche pour signaler ceci (merci, Jiko). Écoutez à partir de 3:25 (enfin, l'os est précisément à 4:10, avant disons que ça introduit). L'intégrale de l'émission est . On peut le rapprocher de ceci, déjà signalé par C.Z. Ceci me rappelant qu'il faut que j'aille voter.

* [edit] A donc voté LO (c'est F. qui serait content d'apprendre ça).

samedi 8 mars 2008

vendredi 7 mars 2008

De l'importance des vers de terre.


* Strictement rien à voir, le dernier Gondry est atroce. Eternal Sunshine n'était pas trop mal, dans mes souvenirs, en revanche La Science des rêves faisait déjà moins illusion... Mais avec Be Kind Rewind, on tombe tout au fond d'un gouffre assez vertigineux. 1h30 à peiner à faire avancer un scénario poussif et plein de trous, un scénario bâclé, il faut le dire, un scénario torché, presque insultant. Ni fait ni à faire. Comment est-ce possible qu'il n'arrive même pas à asseoir son argument de départ, comment est-ce possible d'écrire quelque chose d'aussi lointain de toute rigueur narrative? Rarement vu un boulot de scénario aussi je-m'en-foutiste, aussi incapable de donner ne serait-ce qu'un peu d'épaisseur à ses personnages (qui ne sont rien du tout ici, des jouets, du coup les acteurs s'agitent faute de mieux, l'hystérie comme pis-aller, cet exploit de rendre Jack Black à ce point insupportable et jamais drôle) ou de gérer sa temporalité... Sans vouloir entrer trop loin dans les détails (ça n'en vaut pas la peine), comment avaler l'événement déclencheur, comme on dit dans les écoles de scénario? Comment croire que quand le personnage a accès à une caméra et à une copie DVD du film qu'il doit livrer d'ici 2h30, il préfère décider de le refaire avec les moyens du bord?
C'est simple, il suffit de mépriser ce personnage. De mépriser tous les personnages, sous l'argument crasseux du doux-amer ; ils sont benêts, ils sont vilains, mais qu'est-ce qu'ils sont drôles... Ils n'ont rien dans le crâne, ils sont bourrés de préjugés ethniques et sociaux, mais ils sont gentils et tendres... Ils sont menacés par le capitalisme, mais comme ils sont habiles en affaires, ils vont le combattre...
Be kind/Soyez sympa, le titre ne ment pas, il suffit d'être poli, d'être gentil, d'être sympa, de respecter les règles et les anciens, d'être un bon garçon. Et à quatre heures, on aura notre goûter. On lutte jusqu'à quatre heures, c'est bien d'accord? Il faut bien que jeunesse se passe, voyez Glover à la fin, l'oeil malicieux du vieux con qui a tout plein de magie en-dedans de lui comme dans une pub pour une convention obsèques, son personnage ne dit pas autre chose, j'ai laissé les jeunes couillons s'amuser, jouer à la lutte, mais c'était sympa, c'était perdu d'avance et c'est bien normal, d'ailleurs l'utopie n'est qu'un mensonge, d'ailleurs il faut moderniser, n'est-ce pas, mo-der-ni-ser, prendre exemple sur la marche du monde, qui a ses raisons, ses très bonnes raisons (rarement vu un film refuser à ce point l'antagonisme, d'ailleurs, non mais vous avez vu la séquence du bulldozer, "évidemment c'est nous les méchants", ou ce plan final écœurant de reddition?), mais soyons sérieux, soyons réalistes comme dirait Georges Bernanos...
Sur la mise en scène rien à dire, il n'y en a pour ainsi dire pas, il y a des idées de bricolage qui sont avant tout des idées de scénario, des concepts comme on dit en télévision, comme on dit en publicité, et rien n'est fait de ces idées, de ces concepts, ils sont empilés comme possible dans le cadre, ils semblent ne pas rentrer dans l'espace filmique, n'avoir rien à y faire, Gondry semble embarrassé de ce (petit) paquet d'idées qu'il ne sait pas où mettre (d'ailleurs, c'est ajouté au chausse-pied dans le générique, il finit bel et bien par les déposer sur internet, cet espace dont l'existence est nié par le film, de bout en bout... Gondry est-il déjà un vieux con?), et de fait le montage est pure atrocité, déjà bien pénalisé par cette écriture en-dessous de tout.

It turns out I was a vampire myself.

* Quand je relis toutes les conneries que j'ai pu débiter sur FilmDeCulte, quand je vois à quel point mes goûts ont évolué, je cherche le bouton Reset tellement je n'assume plus grand chose.

* Tous ces gens que je n'ai pas revus depuis des mois, qui sont sortis de l'école diplômes en poche, qui sont devenus, pour la plupart, scénaristes de télévision professionnels, qui en vivent et qui te méprisent, mais pas de manière réellement malintentionnée, je crois, qui le font disons par le fait, parce que c'est ainsi, parce que les réunions d'anciens, c'est aussi ce jeu de massacre-là, c'est avant tout faire le tri, qui a réussi, qui a échoué, qui se cherche encore, qui galère, qui va les doigts dans le zen. Je n'avais même pas vu que L. est enceinte, moi-même je me disais merde, qu'est-ce que je vais leur dire, moi j'en suis pas là, qu'est-ce que je vais mettre en avant, comment leur faire comprendre que je ne les envie pas, sans pour autant passer pour un snob?
Pas eu besoin, c'est eux qui m'ont snobé, et de quelle manière! Humiliation comme jamais : comment arrive-t-on, alors même qu'on s'est assis au centre, en se disant que comme ça on ne sera pas exclu en bout de table, comment arrive-t-on à être à ce point snobé? C'est impressionnant, un tunnel d'une demi-heure où les gens autour de toi se parlent comme si tu n'étais pas là, comme si tu étais soudain devenu transparent. Ca amuse un temps, tu regardes autour de toi, combien le bar est laid, tu vois que les plus riches ont commandé à manger et ne pensent même pas à partager, je veux dire ça ne leur vient pas à l'esprit, que d'autres ont pris des pintes à 5,50 et que les plus pauvres se disent encore que leur chope à 3 est un luxe... Tu cherches à accrocher un regard, tu les découvres tous fuyants.
Il y a un moment où tu en as plein le cul, tu te lèves de ta chaise, tu déranges tes voisins pour quitter la table, tu te dis que là, au moins, quelqu'un va te voir te barrer, pour ton amour-propre, tu espères qu'on va te retenir, que c'est un malentendu. Eh bien tu sais quoi? Pas un regard ne se lève, pas un mot n'est dit. Et en remontant les escaliers en colimaçon tu les regardes se marrer sans te prêter la moindre attention. Tu as compris : tu n'es plus des leurs.
* Comment S.K. fait-il pour se fondre dans leur masse? Comment fait-il pour que ça ne l'atteigne pas? Comment fait-il, comme on dit, cette fameuse part des choses? Le bon début de réponse, c'est qu'il n'est plus à Paris et qu'il n'est tout simplement plus dans tout ça.
* Encore désolé T. et encore merci P.

* Je vais me coucher en rogne : j'apprends que le producteur Bridget Johnson veut sortir l'an prochain un soi-disant "remake" à Breakfast Club. Dans un aéroport. (Avec des serpents?) Ca s'appellerait Bumped et ce serait réalisé par Anna Mastro, qui fut assistante de McG sur Charlie's Angels: Full Throttle et qui a réalisé plusieurs épisodes de The OC, que je n'ai jamais vu, mais aussi de la très médiocre série Fastlane. Lizzy Weiss écrit le scénario, qui met en scène des personnages dans la vingtaine.
Bref : ça n'a rien à voir avec Breakfast Club (ni de près ni de loin, d'ailleurs, aucune association formelle avec le film de John Hughes en vue), mais l'effet d'annonce se fait malgré tout autour de ça, c'est tout nain.

* Une fin alternative à I am legend, qui en avait bien besoin (les promesses du premier acte étaient déçues par une résolution catastrophique). Les effets spéciaux ne se sont pas arrangés, en revanche.

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jeudi 6 mars 2008

Home movie.

* D. aime bien le nouveau séquencier, alors qu'il n'aimait pas du tout l'ancien. Du coup demande lancée à M.L. pour faire la voix off.
* 26 minutes, c'est sacrément long. J'essaie de minuter le séquencier, eh ben c'est pas toujours probant. Quelle drôle d'idée de parler rythme des images sur le papier, c'est complètement abstrait d'écrire 10 secondes, 20 secondes, 1min30... Un plan-séquence d'une minute trente? Mais ça paraît énorme... Bon, calcul intégral, on atteint vaguement 25... Reste le générique, on va dire.

* Château-Gontier.

* La précision du jeu tient beaucoup dans la précision des corps, la précision de chaque geste, le fait qu'aucun geste ne soit hasardeux ; corollaire sans doute de la précision du casting (vous avez remarqué comme chaque personnage est défini par son inertie, par son poids, son existence physique, le rapport de son corps au monde, etc. ... cliché du monde adolescent? Non : c'est la même chose pour les adultes). L'épisode de la fête et du faux fût de bière, vous avez senti les différentes valeurs d'une simple accolade et les valeurs contraires dans l'échange d'accolade, comme ce troc physique n'a jamais la même valeur entre les deux membres de la transaction? Et Kim Kelly, n'est-ce pas la plus grande trouvaille de la série, brute massive, cette bouche énorme, dans Kim Kelly is my friend, cette boule d'énergie... Vous aviez déjà vu ça, vous, la menace pour les pré-pubères que représente l'adolescente de deux têtes de plus et aux cheveux gras? Vous croyez qu'une fille finira par casser la gueule à un gamin? Vous vous souvenez d'ailleurs, le premier épisode, la grande soeur qui fout les foies au tortionnaire de son petit frère? Vous croyez que les filles se battent mieux que les garçons? Je dis ça parce que les garçons font les coqs sans cesse mais aucun ne sait se battre, si vous regardez bien. Les scènes de bagarre sont peut-être les plus belles. Vous vous souvenez du ralenti sur les serviettes mouillées dans l'épisode du streaking? Vous avez vu comme la maladresse est belle au ralenti? Alors que Kim Kelly, au volant de sa voiture, ou même rien qu'avec ses épaules, sa manière de marcher dans les couloirs de la famille Weir, dans Kim Kelly is my friend, les bras ballants, gauche mais massive, vous croyez qu'elle va tout casser? Vous aviez déjà eu autant la frousse devant un show teen, que dans cette scène où Kim essaie de sauver sa voiture, avec sa mère et son beau-père à ses trousses?

* Ce qui me fait penser : pourquoi en France, les quasi-seules fois où on prend les corps en compte dans une fiction, c'est pour le sulfureux ou le scabreux?

* Il faudrait revoir cette belle exception française, Ma terminale, voir comment elle tient le choc à la revoyure, après Freaks & Geeks.

* Allpeers est mort, vive 2peer? À essayer, n'hésitez pas à faire un feedback. [edit : bon, je viens de l'installer sur mon mac mais l'application veut pas démarrer, va comprendre...]

* Les rigolos de la Cinémathèque... Pour Le Genou d'Artémide, il est très recommandé de réserver sa place. Tu m'étonnes : réserver par Internet oblige à payer le prix fort, pas de réduction possible, ça s'appelle le Tarif Plein Internet, sont futés.

* Ca parlait école, l'autre soir, avec M. et S., qui sont instits à T., en ZEP. Ca parlait bus municipal supprimé, tarifs exorbitants pour aller ne serait-ce qu'en forêt (donc faire une activité gratuite) mais bien sûr sur-informatisation pour seule avancée budgétaire inutile. Ils ont même demandé à la mairie s'ils pouvaient mettre tout ça en vente sur eBay, puisqu'ils en ont trop et que ça leur sert plus à rien. Évidemment la réponse fut non, mais c'est assez "drôle". 25 mômes par classe, pas de psychologue scolaire dispo... Viens, on ferme les maternelles, comme y disent dans le Parisien, on s'en fout, y'a pas de discipline ils font trop de pauses pipi, ils apprennent pas assez de choses aux gamins.

* Déniché une copie du DVD de Southland Tales.

mercredi 5 mars 2008

Damned.

* Séquencier retravaillé. Attendons les retours de D.

* Chopé Vent d'Est, copie étonamment belle. Peut-être qu'il existe un DVD Japonais, remarquez, ça expliquerait tout...

* Peut-être le problème, le seul vrai problème de Freaks and geeks, c'est son illustration musicale, parfois trop appuyée, trop envahissante. Le streaking sur One step beyond, je sais pas... Pourquoi il n'y a pas de suite au streaking, d'ailleurs? Personne n'est puni, c'est surprenant. Pas mon épisode préféré, ce n°6, mais ça reste du grand art, bien sûr (les micro-drames en contrebande, comme le gros qui sort d'on ne sait où et malgré tout empathie immédiate... le personnage du prof de sport est parfait).

* Damned!

* Akan Konomama Kaesanai, d'Afrirampo.
C'est sur cet album, je crois :

mardi 4 mars 2008

Et l'on a le brave culot d'oser me demander de ne plus boire que de l'eau de ne plus trousser les filles de mettre de l'argent de côté

d'aimer le filet de maquereau et de crier vive le roi.

* Allpeers est mort. Deuil national.

* Quelle différence majeure, finalement, entre Freaks and geeks et That 70's show? Rythmique, je pense. Dans l'épisode d'halloween, le montage alterné des oeufs, pourquoi est-il à la fois complètement programmatique et complètement inattendu? Parce qu'il dure : on se dit évidemment qu'ils vont se croiser, on se dit bon c'est un peu couru, un peu téléphoné. Puis ça dure, alors on se laisse prendre au suspens, on se dit c'est maintenant, à ce raccord-là, ça arrive, on commence à la connaître, la géographie de la collure... Et puis non, ça n'arrive pas, alors on commence à oublier et le programme et le suspens, on arrête d'y penser, on se dit que ça n'arrivera tout simplement plus et quand ça arrive pourtant, c'est l'évidence, on se souvient qu'on s'était dit qu'il fallait bien que ça finisse comme ça. Et une fois encore, pas d'ironie ; je pense que si Freaks and geeks a pu décevoir, si la série n'a pas continué, c'est que c'est avant tout un drame, alors qu'on s'attend à une comédie. La différence avec That 70's show (belle série au demeurant), c'est qu'on n'est pas du tout dans la modernité de l'ellipse, de la vignette, du montage clin d'oeil, on est davantage dans un classicisme de la durée, d'ailleurs la durée des épisodes est presque invraisemblable, tout pourrait tenir en 20 minutes...
Je me disais hier que c'était un That 80's show meets Hartley coeurs à vif (et meets Malcolm aussi, pour toutes les scènes avec les parents ; assez émouvants dans l'épisode d'halloween, et dans l'épisode 4... le père sort de son seul gimmick "vous savez ce qu'il est devenu? il est mort"... vous avez vu, lorsqu'il plaisante avec sa femme déguisée en cow-girl sur se rouler dans le foin et qu'elle lui dit "pas maintenant"? That 70's show couperait là ; Freaks and geeks ajoute "mais quand alors?"), que je retrouve l'émotion que j'éprouvais quand je regardais Hartley coeurs à vif. Et c'était 45 minutes, chaque épisode de Hartley, vous vous souvenez?

* Je n'aurai donc pas trouvé le temps d'aller voir René O.

* Étrange vie de célibataire éphémère, S. me manque. Merci Philippe Clergeau de meubler l'attente.

lundi 3 mars 2008

And all my friends were vampires

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- C'est beau, dit-il. // - Et maintenant, dis-je, les critiques.

* Renard en ouverture, donc.

* Freaks and geeks épisodes 2 et 3. Je vous promets que ce n'était pas prémédité, on y trouve une superbe citation de Ferris Bueller's Day Off, un hommage et même une leçon. Il y a tout SuperBad en gestation, mais c'est bien meilleur que SuperBad, beaucoup plus Renardien, be
aucoup plus "Eviter les effets vulgaires, et de donner un nom ridicule à un personnage ridicule."
Super Jaimie ne s'appellerait pas McLovin ici, ce serait impossible. Il n'y a aucune raison sérieuse qu'il choisisse McLovin, alors qu'il y a toutes les raisons sérieuses qu'il choisisse Super Jaimie, qu'il veuille être bionique, redresser le cou, "ce sont mes seins". Vous avez vu comme il s'applique quand il se maquille? Comme il est malheureux qu'on le dévisage? Vous avez vu comme il est beau? Comme c'est la première fois qu'il est beau? Vous avez vu comme nous on ne se moque pas de lui? Ou plutôt : comme on s'en veut de se moquer de lui? Nous aussi on sait que c'est de la fausse bière, nous aussi on a déjà bu cul sec ce scénario.
Ce n'est pas tant que c'est bien écrit, je crois (enfin, si, bien sûr, c'est bien écrit, c'est merveilleusement écrit, personne d'autre n'écrit comme ça, ne laisse vivre autant les scènes, c'est presque un Rohmer moderne à ce niveau, comme Valley Girl en fait -- oh allez-y, dites que je fais mon CZ, vous n'aurez pas tort, tout ça vient de chez lui)
non, c'est surtout le jeu, la direction d'acteurs comme on dit, on imagine mal le nombre de prises, on imagine mal comment on obtient cette gestuelle quand il est bourré, ces détails, la direction d'acteurs jusque dans les accessoires, vous avez vu comme leurs costumes sont réussis? Et la petite casquette en plastique quand il se sert au fût?

* Une demi-heure de Feast. On a laissé tomber, faut pas exagérer. Les monstres sont jolis mais il n'ose pas les filmer, il préfère frimer, faire des effets de scénario, et je te fige l'image comme si un film n'était qu'une bande-annonce. Esthétique du gag, entre chaque gag, du temps mort, mais vraiment mort, tête arrachée. Il se dit ce serait rigolo de décapiter le héros très tôt, mais comment on saura que c'est le héros? Le mieux c'est de mettre un carton pour dire "c'est le héros et il va survivre longtemps" et le décapiter dans la minute suivante. Voilà, ça c'est fait. C'était drôle, non? Attends, attends, j'en ai une autre, ça va me revenir, bouge pas, je reviens, elle va me revenir, c'est sûr...

* À la place PES 6. Chef-d'oeuvre. Et je m'y connais, je n'aime pas le foot.

dimanche 2 mars 2008

Tu m'connais pas.

* Depuis Sur la piste, j'écoute parfois Booba ; ça ne veut pas dire que j'aime.

* S. partie hier, ça tombe assez bien, j'ai 10 jours de travail pleins.
* Bétonner Passemerveille, comme on dit.
* L'En-Guerre en-route.
* Quoi d'autre? Les étourneaux? Les étourneaux. Et bientôt les faucons.

* Enfin vu le premier épisode de Freaks and Geeks. Frissons sur le dernier plan. Une seule saison, hein? Pfff... Je vais subir le même compte à rebours que sur la dernière saison de Malcolm (saison sublime, série sublime...). À lire. Il a fait une autre série, je crois, Apatow, non?
* Troisième tome de l'intégrale Swamp Thing. Je crois qu'Alan Moore n'a jamais rien écrit de plus beau. Le premier tome, écrit sans génie par d'autres, est d'autant plus indispensable, pour mesurer le gouffre.

* La Décroissance est mensuelle, maintenant. De l’importance des vers de terre, entretien avec Claude et Lydia Bourguignon, indispensable, j'essaierai de scanner à l'occasion.
Je repense du coup au bouquin de Lafosse sur les Straubs (bon, je parle pas de sa division stupide, c'est tout, le bouquin existe comme ça... le mieux à faire, c'est de sauter complètement la première partie, ne pas lire ce que dit Lafosse tout seul ; c'est assez dégoûtant, non?, cette nécessité d'ouvrir le livre en disant "j'ai tout compris, je vous explique", c'est un prof qui prépare l'entretien à venir on dirait, écoutez-moi bien, les Maîtres vont venir, alors il faudra pas me faire honte, faudra bien répéter, faudra pas dire des gros mots, faudra dire bonjour merci au revoir... le mieux à faire, donc, zapper tout le début, zapper tout, et passer directement à la page 175... ça signifie 174 pages inutiles quand même, sur un bouquin de presque 320 pages, c'est pas mal... bon ben du coup j'en ai parlé de cette division)
Donc dans ce livre, à relire, toutes les interventions de Danièle Huillet sur la nature et les animaux (vous vous souvenez? la manière dont elle s'emporte pour défendre les porcs?...)

page 214 :

DH - On leur donnait de l'engrais...
JMS - On leur donnait des engrais. Des pesticides. Vous savez combien il y a de paysans qui se suicident... où?
DH - Aux Indes.
JMS - Aux Indes, tous les ans. Je vais vous le dire... Combien?
DH - Deux cent quinze mille...
JMS - Non... Y'a vingt-cinq mille paysans tous les ans qui se suicident aux, aux, aux Indes. Et vous savez comment? En bouffant des pesticides. Vous vous rendez compte de ce que ça signifie? Ca, c'est le travail de la bourgeoisie, cette classe illuminée! Qui a apporté le progrès au monde, la globalisation et la civilisation industrielle. Et le capitalisme. [...]

DH - On peut aussi rappeler aux jeunes gens de nos jours qui ne le savent plus qu'il fut un temps où on pouvait se baigner dans les fleuves. Si personne ne leur rappelle ils auront toujours l'impression que c'est normal que de nos jours on ne puisse plus se baigner dans les fleuves ni même dans la mer à la limite. [...]

DH - L'histoire de la nature n'est pas tout à fait l'histoire des hommes. Ca court parallèlement... malgré les saccages.

Blame me for the filth.

Ca commence comme ça.