jeudi 17 juillet 2008

Ifyawannabemylova.

* D'un côté tu as Télérama qui semble n'avoir pas vu le film puisqu'ils annoncent un film muet et en noir et blanc, oubliant de fait 1/4 du métrage, de l'autre tu as Neyrat dans les Cahiers qui se pignole exagérément. Ceci dit sa critique d'A short film about the Indio Nacional est intéressante, en ce qu'elle rappelle bien que seules les intentions l'éblouissent. Car oui, sémantiquement Neyrat n'a pas tort, les 20 minutes imbitables en couleur sont telles qu'il le dit, marqueur temporel conjugant le film au présent, annonce critique du film, stabylo de la modernité contemplative chiante et son numérique toujours déjà théorisé donc donné à théoriser, du pain bénit pour la critique, et tant pis si concrètement c'est inregardable. Pour la suite, Neyrat se prend un peu les pieds dans le tapis, selon lui, à la fois l'imitation est parfaite mais à la fois Raya Martin n'est pas un copiste, on a du mal à y voir clair. C'est tout aussi vrai, finalement : Martin la joue à l'épate, et c'est aussi insupportable que par bouffées brillantissime. On pourrait inventer des mariages contre nature pour définir les 3 meilleurs quarts du film, à savoir le muet noir et blanc d'inspiration primitive. Neyrat parle de Sjöström et de fausses archives, ce qui confirme un papier récent et fourre-tout de Télérama, causant hybridation des genres comme si l'eau tiède venait d'être inventée, et considérant donc, s'agissant de Martin, que son film résultait d'une rencontre entre le documentaire et la fiction. On peut être tenté d'inventer autre chose, une autre chimère, wannabeastraub rencontrant wannabeaweerasethakul rencontrant wannabeamaddin. Est-ce que ça fait un film? Une bande-démo, pourrait-on dire, une façon de bander les muscles, de dire j'ai 21 ans regardez mon potentiel de feu, vous tremblez, non? On n'est pas obligé de trembler, mais on peut reconnaître que c'est parfois touché par la grâce, comme cette formidable séquence du "jeu des mots", d'autant plus géniale qu'elle est suivie de cette séquence de répétition théâtrale, explicitant le toc du costume de roi (oui, c'est cryptique si on n'a pas vu le film). Séquences sublimes, effectivement, et il y en a quelques autres. Le souci étant que tant d'arrogance et de maestria épuise régulièrement, on n'y voit pas encore un film, des mises en place, des pistes de film, oui (c'est déjà bien, je veux dire il y a des plans, il y a des idées, le travail plastique est à maintes reprises confondant, ça force le respect) en fait le titre est mensonger, ce n'est pas un short film, mais plutôt une compilation, un omnibus en vrac, dont on aurait mélangé les bobines (les écrans noirs et les intertitres faisant office de portes d'entrée aux différents segments). Et maintenant il faudrait s'atteler au montage.


* Je connais pas de meilleur moyen pour pécho un exemplaire gratuit.

4 commentaires:

Julien a dit…

Hey de la pub gratos ! Et moi qui a eu la flemme de changer cette faute d'orthographe. Bon c'est super cool.
Il est vraiment sympa ce Guillaume !

GM a dit…

hum, ladite faute m'échappe... où?

julien a dit…

éditéEs.

Si ça se voit pas, je devrais peut être pas le dire...

GM a dit…

ah oui tiens merde.